Eugène, Ernest, Auguste GRIMAULT est né le 02 juin 1885 à Saint Amand  sur Sèvre (79). Il est châtain, a les yeux bleus et mesure 1.68 m.

Cultivateur aux Roches-Moussées de St Aubin, il est le fils de Louis Grimaud, né en 1846, propriétaire à La Courtinière de St Amand et de Eugénie Cottreau née en 1842.

En 1909, il habite Nueil Les Aubiers, puis les Guyonnières de Saint Aubin en 1912 et enfin les Cerqueux depuis qu’il s’est marié le 7 janvier 1914  à Blanche, Fernande, Thomas, née le 11 juillet 1889 aux Cerqueux. Cette dernière est épicière et fille de Pierre Thomas, tisserand et de Marie Victoire Guérin.

Ils ont eu une fille, Marie-Josèphe, née aux Cerqueux le 11 janvier 1915.

Il est tout d’abord ajourné en 1906 par le conseil de révision, puis incorporé au 6ème régiment du Génie à Angers à partir du 8 octobre 1907.

Examiné par la commission de réforme d’Angers le 10 novembre 1908 il est déclaré « bon pour une deuxième année » dans le service auxiliaire. Il termine son service militaire le 29 septembre 1909.

Il est classé apte au service armé par la commission spéciale de réforme de Cholet du 19 novembre 1914 et affecté au 90ème Régiment d’Infanterie de Châteauroux. Il arrive au corps comme soldat de seconde classe le 17 décembre 1914 et affecté au 290ème  RI (réserve du 90ème) sous le matricule 1961.

Verdun-La côte 304

Le 3 mai, soixante-quinze batteries allemandes concentrent leurs feux sur la cote 304 « qui n’est plus qu’un nuage de poussière et de fumée ».  Toutefois l’assaut d’infanterie ne se déclenche que le lendemain. Malgré l’effroyable puissance de la préparation, nos mitrailleuses sont restées intactes en nombre suffisant; elles fauchent les assaillants. Nouveaux assauts le 5, le 6, le 7 enfin.

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la cote 304 en 1916

Le 5 mai, une contre-attaque est déclenchée. Elle échoue sur tout le front.

Le bataillon de tête du 290ème RI n’a pu traverser le ravin sud de la côte 304 et a du refluer sur le moulin d’Esnes. Vers 3 heures du matin, 2 compagnies, une du 77ème  et une du 290ème  réduites, ensemble, à 250 hommes sont entraînées en avant par le lieutenant-colonel Odent, qui est  tué presque aussitôt.

Finalement, les débris  de l’attaque  sont recueillis par le dernier bataillon du 290ème RI, sur les pentes  sud-est de la côte 304.

Le 7 mai, l’ennemi reprend l’offensive. A 3h30, le front est attaqué avec violence. A 10h30, les occupants du revers  sud de la côte 304 sont complètement isolés. Le 290ème RI également est contraint à reculer, ce qui permet aux Allemands d’avancer et d’encercler 2 compagnies du 3e bataillon du 125ème RI.

Deux compagnies du 1er bataillon et tout le 2e bataillon sont immédiatement envoyés en renfort. Quand ils arrivent, il ne reste rien du 3e bataillon, les hommes se sont défendus jusqu’à la mort. La contre-attaque est immédiate et l’ennemi est repoussé à 50 m derrière la crête de la cote 304.

Certaines fractions du 290ème restèrent en ligne jusqu’au 9 mai au matin, sans ravitaillement. Sorti de cette fournaise avec 300 hommes valides, le Régiment n’en remonte pas moins en ligne pour la troisième fois au Bois d’Avaucourt, le 19 mai suivant. (Les pertes à Verdun se sont élevées à 800 hommes. Sur les 3 jours terribles de la cote 304 des 5, 6 et 7 mai, le régiment eut 101 morts, 238 blessés et 254 disparus).Le Régiment quitta définitivement ce secteur dans la nuit du 20 au 21mai.

Journée du 7 mai 1916. Journal de marches et opérations du 290ème RI.

Les 21ème, 22ème 24ème Compagnies, une partie de la 23ème et la 2ème compagnie de mitrailleuses, relevées viennent bivouaquer sous le Bois St Pierre.

Le 5ème bataillon, le surplus de la 23ème compagnie et la 1ère compagnie de mitrailleuses restent en ligne.

La situation est la suivante, de droite à gauche : 17ème, 18ème, 20ème, 19ème. Liaison à droite avec le 125ème, à la gauche de la 19ème il existait un vide, en arrière du bataillon se trouvaient des troupes du 125ème et du 114ème.

Une seule section de mitrailleuse restait intacte (tranchée de la 19ème), une des pièces tirant sur la crête, l’autre pièce (celle de droite) flanquant la ligne.

Le bombardement continue toute la journée sans interruption et avec la même intensité que le 5 et le 6. L’attaque Allemande se produit à peu près à la même heure que la veille (16 h) et sur le même point. Contrairement à son habitude, l’ennemi vient à l’assaut de nos positions sous le tir de ses canons sans que le tir de préparation ait été allongé. L’attaque ne réussit pas du 1er coup. Devant la partie gauche du front où les mitrailleuses donnent elle est enrayée. Les Allemands évitent le terrain battu par les mitrailleuses et s’accumulent devant le front de la 18ème. C’est la compagnie qui a le plus souffert. Il ne reste plus d’officier et seulement une quinzaine de défenseurs. La mitrailleuse qui flanque la ligne est détruite par un obus. Malgré leurs pertes énormes, les Allemands réussiront à traverser la 18ème bien qu’ils soient fusillés de flanc par la 17ème. Ils sont en nombre considérable, viennent par colonnes et prennent à revers la 19ème et la 20ème compagnies. C’est alors une mêlée générale sur le terrain. Les officiers qui restent debout groupent quelques hommes et foncent à travers les Allemands ; ils réussissent à se dégager.

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Champ de bataille de Verdun aujourd’hui

La 17ème compagnie a conservé sa place mais les Allemands restent dans les tranchées de la 18ème et dans une partie de celles de la 20ème.

Les officiers qui ont pu s’échapper des mains des Allemands mettent le 125ème au courant de la situation et à 18 h un bataillon de ce régiment va contre-attaquer.

Les Compagnies du 5ème bataillon ont tenu jusqu’à leurs dernières limites. Elles étaient restées pendant trois jours sous un bombardement d’artillerie lourde d’une intensité rare. Les tirs de barrage continuels avaient empêché tout ravitaillement.

Plusieurs hommes faits prisonniers par les allemands parviennent à s’échapper et restent avec leurs camarades du 125ème pour faire le coup de feu. Ils ne rejoindront le régiment que le 8 au matin et pour certains le 9 seulement.

Pertes du 7 mai : 42 blessés, 13 tués, 162 disparus.

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Poste de secours à Esnes en 1916

Un secours de 120 frs a été accordé à sa veuve le 19 juillet 1916 par le 90ème RI.Eugène Grimault est tué à l’ennemi le 7 mai 1916 à 15 heures à Esnes  (cote 304) dans la Meuse. Il avait 31 ans. Je n’ai trouvé aucune information sur sa sépulture. Peut-être est-elle dans l’ossuaire de la nécropole d’Esnes comme beaucoup de disparus de la côte 304, broyés par les bombardements ennemis des 5, 6 et 7 mai 1916.

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