Théophile, Eugène, Joseph GIRARD est né le 14 mai 1889 à La Doutière de Saint Amand  sur Sèvre. Il est le fils d’Augustin Girard, né en 1843, et de Victorine Fortin, née en 1851. Celle-ci est décédée le 28  mai 1911 aux Cerqueux. Ils résident à La Touche des Cerqueux.

Il a un frère, Martial Louis.

C’est un agriculteur aux cheveux châtains et yeux bleus, il mesure 1m72. Avant de partir à la guerre il a exercé sa profession d’ouvrier agricole en plusieurs endroits. En novembre 1912 il est au village de St-Georges, de Loublande (79), chez Monsieur du Réau. En septembre 1913 il est dans la commune de Saint-Poix, en Mayenne. La guerre le surprend alors qu’il travaille depuis le 1er juillet 1914 rue du point du jour à Montigny dans l’Oise.

Il porte le numéro 1206 au recrutement de Cholet et effectue son service militaire du 5 octobre 1910 au 25 septembre 1912 au 125ème RI de Poitiers  ou Thouars   sous le matricule 4933.

Mobilisé, il arrive au corps le 3 août 1914.

Il est grièvement blessé lors des combats des 25 et 26 août sur la frontière Lorraine, devant Nancy, et décède le 15 septembre 1914 à l’ambulance N°1 de la 54ème division à Champenoux (Meurthe  et Moselle) des  suites de ses blessures. Il avait 25 ans et 4 mois.

Les combats sur la frontière. Réméréville devant Nancy en Lorraine (24 août au 4 septembre 1914)

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Récit général de l’historique du régiment :

«Le 24 Août, un escadron du 7ème hussards annonce l’arrivée de fortes colonnes allemandes et le 125ème reçoit l’ordre de se porter en avant. Le mouvement commence à 6 heures 30, le 1er et le 3ème bataillon en ligne d’attaque, le 2ème en réserve dans le bois de Salvilau. Dans l’après-midi le régiment prend l’offensive. Les objectifs sont : Réméréville, cote 305 d’abord, puis finalement Hoeville et Bois de Beseng la Grande.

A l’approche de Réméréville pleuvent les premiers obus allemands, et les bataillons doivent prendre leurs dispositions de combat.

Parvenus sur l’immense plateau qui s’étend au nord-est du village, nos fantassins sont reçus par une rude fusillade des Allemands.

Les poilus ont commencé à se creuser des trous protecteurs.

Le 114ème Régiment d’infanterie, qui est arrivé à notre hauteur, pousse une charge à la baïonnette à laquelle le 125ème régiment d’infanterie s’unit d’un élan superbe. Les mitrailleuses allemandes se mettent à cracher, faisant des vides en nos rangs, obligeant nos unités les plus avancées à s’établir sur le plateau.

Le 2ème bataillon, qui stationne depuis le soir, faisceaux formés, devant l’église de Réméréville, gagne le champ de bataille avant l’aurore. Le feu est ouvert à 4 heures 30 par une vive fusillade qui met obstacle à la progression du régiment déjà recommencée.

Vers 7 heures 30  l’artillerie ennemie, assoupie jusqu’alors, commence ses tirs sur nos positions et nous sommes cinglés en même temps par un déluge de balles.

Sous la protection de notre artillerie qui a pris position un peu plus en arrière, et de nos sections de mitrailleuses qui arrosent de leurs feux les bois, les taillis et les tas de gerbes derrière lesquels les Allemands s’infiltrent et se dissimulent, les compagnies se replient une à une, suivant l’ordre donné, vers la sortie ouest de Réméréville. Il est à peu près 10 heures quand la bataille d’infanterie cesse à notre avantage. Nos pertes sont élevées.

Le 26 Août, le régiment reprend sur le plateau de Réméréville les positions de la veille fortifiées par le Génie. Il reste là jusqu’au 3 Septembre. »

Extrait du Journal de marches et d’opérations du 125ème RI :

« Au cours des combats des 24/25 et 26 août le régiment a été bien éprouvé et on constate les pertes suivantes :

o   Morts : 6 officiers et 68 hommes de troupe

o   Disparus : 1 officier et 284 hommes de troupe

o   Blessés : 16 officiers et 568 hommes de troupe »

… en 3 jours !

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La nécropole de Champenoux. Par Aimelaime (Travail personnel) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Il ne m’a pas été possible de retrouver avec certitude la sépulture de Théophile Girard. Toutefois, compte tenu de son lieu de décès (à l’ambulance de Champenoux), il est vraisemblable qu’il soit enterré à la nécropole nationale de Champenoux, située à l’entrée ouest de la ville, à l’intersection de la rue Saint-Barthélemy et de l’Allée des Sapins. Cette nécropole créée en 1919 regroupe les corps des victimes de la bataille du Grand-Couronné d’août à septembre 1914 qui vit la victoire du général de Castelnau. On y dénombre 2 862 corps dont     1 261 non identifiés répartis dans 3 ossuaires.

La tombe 1 166 semble correspondre à sa sépulture, mais une vérification s’impose.

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